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Guerre commerciale US/UE, Brunswick et le groupe Bénéteau expliquent leurs stratégies

L'adoption d'une taxe de 25% sur l'importation des bateaux de plaisance américains en Europe secoue les industries nautiques. Katie Hansen, responsable européenne de la marque Boston Whaler et Jean-Paul Chapeleau directeur des marques américaines Glastron et Wellcraft du groupe Bénéteau, expliquent à BoatIndustry les conséquences pour leurs entreprises.

Boston Whaler
Le

Des taxes rapides et brutales

La présence des bateaux de plaisance sur la liste des produits fabriqués aux Etats-Unis soumis à des droits de douane par l'Union Européenne, en représailles aux taxes US sur l'aluminium et l'acier, était connue depuis plusieurs mois. L'entrée en vigueur de la mesure a pourtant surpris les industries nautiques. "Tout le monde a été choqué par la vitesse de la mise en place. Nous pensions qu'il n'y aurait pas de taxe avant le 1er juillet." explique Katie Hansen, responsable européenne au sein du groupe Brunswick de la marque Boston Whaler. "Les taxes de cette ampleur sont toujours brutales, car elles sont importantes en valeur et rapides, que ce soit pour nous ou pour les acheteurs." abonde Jean-Paul Chapeleau, directeur des marques Glastron et Well Craft, au sein du groupe Bénéteau.

Glastron GS259

Les concessions de bateaux 100% US en danger

Boston Whaler, seule marque du groupe américain à réaliser tous ses bateaux aux Etats-Unis, est la plus impactée par les nouveaux tarifs douaniers. "Nous facturons tous nos bateaux directement en dollars à nos revendeurs en Europe. Une partie d'entre eux ne vend que des bateaux importés des Etats-Unis. Ceux-là pourraient être en danger." s'inquiète Katie Hansen.

L'évolution du réseau des marques américaines du groupe Bénéteau permet à Jean-Paul Chapeleau de se montrer plus rassurant sur la pérennité des concessionnaires. "Lors du rachat, nous nous sommes appuyés sur le réseau déjà implanté, notamment de Four Winns. Le développement s'est fait depuis principalement à travers le réseau Bénéteau et Jeanneau. Aujourd'hui moins de 20% ont une offre de bateaux purement américains. Cela leur permet de prendre du recul."

Encore peu d'impact sur les commandes

Le constat est le même pour Boston Whaler, Glaston et Well Craft. Il y a eu peu d'annulation de commandes. Les concessionnaires trouvent des arrangements avec les acheteurs pour les bateaux déjà vendus. Les quelques achats de bateaux annulés viennent de concessionnaires qui constituaient leurs stocks. "Certains préfèrent attendre, d'autres maintiennent leur commandes pour garder des bateaux à présenter. Je m'attends à une répartition moitié-moitié." explique Jean-Paul Chapeleau.

WellCraft 262 Fisherman

Réfléchir à une stratégie à long terme

L'incertitude sur la durée de l'application des taxes rend la mise en place d'une stratégie délicate. Boston Whaler réfléchit à des méthodes pour limiter les effets de la mesure fiscale. " Nous avons un département dédié à l'export au sein du groupe Brunswick qui réfléchit à la question. On cherche des solutions, notamment en nous appuyant sur notre compagnie sœur Mercury en Belgique pour l'implantation des moteurs, les bateaux à propulsion hors-bord n'étant pas taxés. Mais il est difficile de vendre un bateau avec quatre moteurs hors-bord sans avoir pu faire les tests avant l'expédition."déclare Katie Hansen. "Nous faisons actuellement deux prévisions à 6 mois, l'une avec les tarifs douaniers et l'autre sans."

Le groupe Bénéteau s'organise pour réduire les importations en cas de besoin et se donne le temps de réfléchir. "Pour nous, l'important c'est le long terme." insiste Jean-Paul Chapeleau. "L'objectif est le développement des marques en Amérique du Nord pour élargir notre offre, mais aussi leur implantation en Europe. On va continuer la promotion de Well Craft, Scarab, Glastron et Four Winns sur les salons et s'organiser pour ralentir si besoin les importations. Cela ne sert à rien de présenter des bateaux qui ne se vendraient pas. On va voir si cela perdure ou si ce n'est que ponctuel. On a déjà eu beaucoup de sujets comme cela dans le nautisme partout dans le monde et il est difficile d'anticiper la durée d'application des taxes. En fonction, nous réfléchirons à des changements industriels. On a la chance de ne pas être en concurrence directe sur ces marques avec des bateaux fabriqués en Europe, hormis les 2 marques du groupe Brunswick produites en Pologne. Cela devrait aider à passer en terme de prix."

Reste donc à connaître la durée d'application des mesures européennes, pour savoir si les grands groupes du nautisme devront rapatrier des productions en Europe.

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