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Interview : Richard Forest "SEAir veut être l'équipementier de demain de la fonction vol."

"La course bride l'innovation !" C'est par ces paroles que nous reçoit Richard Forest, créateur de la société SEAir à Lorient. Il nous a reçu dans ses locaux pour répondre à nos questions.

Richard Forest, co-créateur de Seair
Le

Richard Forest, pouvez-vous nous expliquer comment vous en êtes arrivé à créer SEAir ?

Pour me présenter, je suis ingénieur de formation. J'ai monté plusieurs sociétés dont la plus grosse a été lancée il y a 10 ans et qui existe toujours avec aujourd'hui 200 salariés. C'est une société de conseil en systèmes et logiciels informatiques.

J'ai approché la voile au moment où ma société avait sponsorisé un voilier dans la Route du Rhum. Puis un jour, quelqu'un m'appelle pour me demander : "J'ai besoin de 1,5 million pour faire voler un bateau". La seconde partie de la phrase m'a beaucoup intéressé ! Car le problème n'était pas financier, mais technique. SEAir est né comme ça.

Seair 

Expliquez-nous l'offre de SEAir

C'est vrai que vu de l'extérieur, le message n'est pas toujours bien perçu par les gens. On modifie un Mini 6.50 pour le faire voler, mais on ne veut pas le faire courir dans la Classe ! Et en plus on croit en l'avenir des bateaux à moteur volants…

Les bateaux à foils sont une invention qui date de plus de 100 ans. Mais les évolutions actuelles nous poussent à croire qu'il y a un autre train qui va partir, et il faut qu'on soit en tête.

L'idée de SEAir est d'être l'équipementier de demain de la fonction vol. Notre volonté n'est pas de piquer du travail aux architectes ni aux chantiers, mais de leur proposer des solutions prêtes à l'emploi.

J'aimerais que les constructeurs de bateaux, qui comme aujourd'hui proposent un moteur de 115 ou 150 ch, demain proposent l'option vol.

Seair 

Vous n'allez pas simplement vendre des foils ?

Non, nous allons proposer la chaine globale : les capteurs, les commandes du mode vol, l'asservissement, mais aussi le foil. C'est pour cela que je parle de "fonction vol" et non de foils.

 

Votre voilier vole de façon autonome aujourd'hui ?

Le Mini 6.50 nous a permis de faire connaître la marque SEAir et de progresser dans la connaissance du vol avec un boitier de foil à 4 degrés de liberté. Aux premiers essais, on a volé quelques secondes. Aujourd'hui, on effectue des vols de plusieurs minutes. A la fin de l'été 2017, notre but est d'être capables de voler 15 minutes… Avec comme objectif l'asservissement total et autonome sur lequel nous travaillons d'arrache-pied.

Seair 

Vous nous dites avoir une grosse actu à venir dans les prochains jours. De quoi s'agit-il ?

Quand on pense à tout ce qui flotte, 90% est mue par l'énergie fossile et 10% par le vent. Avec le Mini, on communique énormément sur le vent parce que c'est lui qui a tiré le foil et que ça fait rêver, mais le business va venir du bateau à moteur.

Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, car nous sommes en plein dépôt de brevet, mais vous pourriez être surpris très prochainement…

Seair 

Un an après sa création, où en est le développement de SEAir ?

Aujourd'hui 11 personnes travaillent chez SEAir avec une équipe de "têtes pensantes" dont l'architecte David Raison et 3 personnes à la "production" dans l'atelier. On travaille sur trois gros projets :

Le plus visible le Mini 747 avec son nez rond qui pour l'instant n'a qu'un seul foil sur bâbord.

Le second projet que nous allons dévoiler ces jours-ci : le bateau à moteur de série.

Et enfin 3e projet, la fabrication d'un kit foil pour le kite avec une base fixe et la possibilité de shaper par-dessus différentes formes de foil avec une simple imprimante 3D. Ceci afin de faire baisser le coût et rendre accessible le foil au plus grand nombre.

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